Centrafrique : Connaitre le Haut Conseil de la Communication

Le siège du HCC à Bangui

Le siège du HCC à Bangui

Le Haut Conseil de la Communication (HCC) est l’organe officiel de régulation des médias. Il a été mis en place le 26 février 2005 après la promulgation de l’ordonnance le créant le 31 décembre 2004.

La mission principale du HCC est de garantir et d’assurer l’indépendance, la liberté et la protection de la presse et des arts.  Le HCC veille également au respect de l’éthique journalistique et assure le suivi des contenus afin d’éviter les discours haineux et l’incitation à la violence.

Le HCC a fonctionné en dent de scie après sa création et dissous en décembre 2005 au terme de sa mission qui était de réguler la période électorale de 2005. C’est en 2006 que cet organe a été recomposé avec ses 10 membres désignés par la Présidence de la République, l’Assemblée nationale, les médias publics, les médias privés.

Cet organe de régulation a bénéficié des projets de partenaires pour le renforcement de sa présence.  Les élections groupées de 2011 ont permis du moins au HCC d’accroitre sa crédibilité et de forcer son influence conformément à sa mission. L’encadrement de son partenaire, l’Institut Panos Paris à l’époque, lui a permis de prendre des décisions pour réglementer la campagne médiatique pour les élections de 2011 et de fixer l’ordre de passage sur les médias de service public, des candidats à la Présidentielle.

Un code de Bonne Conduite a été adopté par les acteurs politiques, la société civile et les professionnels des médias dans l’objectif de couvrir une période électorale apaisé. (cf Code).

Le Haut Conseil de la Communication 2

Le Haut Conseil de la Communication 2

Peu après les élections de 2011, contestées par l’opposition, le HCC a perdu le rythme de son influence sur les médias et les déclarations politiques sur les ondes.  Cette vague de contestation des élections est à l’origine de la dérive du régime de François Bozizé, renversé le 24 mars 2013 par une coalition rebelle « SELEKA ».  Cette prise de pouvoir a freiné les actions du HCC qui a vu ses locaux saccagés et pillés.

C’est le 18 juillet 2013 que le nouveau président Michel Djotodia a promulgué la Chartre Constitutionnelle de la Transition après la dissolution de la Constitution et des institutions républicaines.  La Chartre de la transition a prévu la mise en place du Haut Conseil de la Communication de Transition (HCCT).

Une nouvelle équipe est mise en place en août 2014 et censé représenter le monde des médias. Le bureau du HCCT est composé de neuf membres, représentant la présidence, le Conseil National de Transition, la primature, les médias publics, les médias privés, les avocats, les magistrats, et le secteur de la télécommunication.

Il a pour  mandat d’attribuer des fréquences de télévision et de radio, mais également de prendre les mesures nécessaires pour rendre l’espace des médias “démocratique”.

Le président du HCCT José Richard Pouambi

Le président du HCCT José Richard Pouambi

Le président du HCCT, José Richard POUAMBI a mentionné au RSF que la priorité de du HCCT est de réformer la loi sur la presse, notamment les dispositions sur le délit de presse et amendes abusives.  Le HCCT souhaite que cette ordonnance devienne une loi pour éviter le recours au code pénal. Il prévoit de garantir un accès égal de toutes les ONG, syndicats et partis politiques aux médias d’Etat.

La Mission du HCCT prendra fin après la promulgation de la nouvelle Constitution de la République et la révision par l’Assemblée Nationale de la Loi qui régit le fonctionnement de cette institution.

Entre février et mars 2017, le HCC est rentré dans la campagne pour élire les nouveaux membres, qui devrait intervenir au plus tard un après la prestation de serment du président de la République. Faustin Archange Touadera est tenu de respecter la Constitution du 30 mars 2016 pour mettre en place toutes les Institutions républicaines avant le 31 mars 2017.

C’est dans ce contexte qu’une élection est prévue samedi 18 mars 2017 au ministère de la Communication.

Par Fridolin Ngoulou

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