Centrafrique/Affaire viol des Sangaris: Silence de Bangui et impunité de Paris

Les élements de la Sangaris dans la communauté

Les élements de la Sangaris dans la communauté

Des soldats français de l’Opération Sangaris ont été accusés d’abus sexuels sur enfants en échange de ” pitance de survie ” entre 2013 et 2015. Après des mois de procédure, le parquet de Paris a requis un non-lieu contre les militaires français. L’information circulait en boucle le 21 mars et a indigné l’opinion. Aucune déclaration officielle des autorités et des ONG de défense des Droits de l’Homme à Bangui après cette demande d’abandon de poursuite.

Selon le parquet de Paris, « il ne peut être affirmé à l’issue de l’information qu’aucun abus sexuel n’a été commis sur ces mineurs » et d’ajouter que « la variation des témoignages ne permettent pas d’établir des faits circonstanciés et étayés à l’encontre des militaires qui ont pu être entendus comme mis en cause dans ce dossier », a expliqué des sources et proches du dossier. Donc, «  il appartient maintenant aux juges d’instruction d’ordonner un procès ou de confirmer ce non-lieu, l’hypothèse la plus probable puisqu’aucune mise en examen n’a été prononcée », a indiqué www.20minutes.fr.

Depuis la révélation de cette affaire de pédophilie par le journal britannique « The Gardian » en 2015, aucune Organisation ou défenseur des Droits de l’Homme centrafricain ne s’est constitué en partie civile. Aucune enquête n’a été diligentée par le parquet de Bangui. Ce dossier n’a pas été mentionné dans les communiqués de presse rapportant les trois entrevues entre le Président centrafricain et son homologue français.

Seule les associations End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purposes (Ecpat – « Mettre fin à la prostitution infantile, à la pornographie infantile et au trafic d’enfants à des fins d’exploitation sexuelle »), Innocence en danger et Enfance et partage se sont constituées en partie civile. L’ECPAT a réclamé « une expertise afin de  s’assurer que les discordances dans les récits ne puissent provenir de leur traumatisme », tout comme Innocence en danger et Enfance et partage ont aussi adressé une requête aux juges français.

Déçues, ces ONG ont dénoncé la volonté de Paris d’empêcher la manifestation de la vérité qui ternira l’image de l’Armée Française. Me Emmanuel Daoud l’avocat de l’ECPAT, a regretté que cela traduit « la manifestation d’un manque de considération pour les parties civiles et cela alimente le soupçon de vouloir en terminer au plus vite avec ce dossier» car «le parquet n’a même pas attendu que les juges se prononcent sur cette demande». Et, Rodolphe Costantino, avocat d’Enfance et partage a abondé dans l’avis de son homologue en dénonçant dans Jeune Afrique que « les magistrats –français – se sont contentés d’une enquête uniquement à décharge, réalisée de façon totalement partiale et lacunaire ».

D’après les confidences des sources judicaires aux médias, des soldats supposés auteurs de pédophilie ont été reconnus parmi les anciens soldats de Sangaris. « Six militaires désignés comme pouvant être des agresseurs ont été identifiés, puis entendus, dont l’un en garde à vue », lit-on dans lefigaro.fr et d’ajouter que « certains ont affirmé avoir donné des rations alimentaires, dans un contexte de grande pauvreté, mais ils ont nié tout abus sexuel. Leur placement sur écoute n’a pas permis d’étayer les soupçons ».

Cette décision de la justice française qualifiée de « partiale » par les parties civiles dans cette affaire n’a pas mobilisé autant de monde sur les réseaux sociaux à l’instar de celle de l’Auxiliaire de Police agressée par le DG des Cadastres à Bangui dont le procès devrait se tenir ce jour. Sur Twitter, Douaclé Ketté Orphée, un observateur de la vie politique centrafricaine a qualifié le silence autour de ce dossier de « mutisme indigne des autorités, des ONG’s et organismes onusiens. Sur le même réseau, un autre a exigé que « la justice soit rendue aux victimes de viols, sans parodie judiciaire ».

Les marsouins ne sont pas les seuls contingents des forces internationales déployées en Centrafrique qui sont mises en causes dans ces affaires de sexes qui éclaboussent l’ONU. Les gabonais, les burundais, les camerounais, ne sont pas épargnés.

Vianey Ngbandi

Related Posts»

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *