Centrafrique : Le dialogue politique inclusif, un chèque en blanc pour l’amnistie?

Anti-Balaka masqué

Anti-Balaka masqué

A la sortie de cette crise militaro-politique qui a secoué la République centrafricaine depuis décembre 2012 provoquant d’énormes pertes en vie humaines et matérielles, le peuple centrafricain place son espoir sur la justice.

En effet, après le passage de l’ouragan Séléka et le phénomène Anti-Balaka, les victimes de toutes ces atrocités en particulier et les centrafricains en général ont tous aujourd’hui, les yeux rivés vers la justice.

La redynamisation de l’appareil judiciaire centrafricain et la mise en place de la cour pénale spéciale semble faire naître chez bon nombre de centrafricains un espoir de voir le moment venu ses bourreaux devant ces instances judiciaires.

Mais, à l’heure où le peuple centrafricain dans son ensemble ainsi que les organisations de défense de droits de l’homme tiennent qu’un seul langage qui est ”l’impunité Zéro”, et que le Président Touadera lors de son dernier passage devant le conseil de sécurité des Nations-Unies a décrié les pressions venant de part et d’autres au sujet de l’amnistie, des voies s’élèvent pour demander l’organisation d’un Dialogue Politique Inclusif .

Et, face de la demande incessante d’une partie de la classe politique centrafricaine pour la tenue d’un dialogue politique inclusif, les observateurs de la vie politique se posent naturellement un certain nombre de questions.

Quels sont les en dessous de cette idée du dialogue politique inclusif ?
Le dialogue politique inclusif n’est-il pas un chèque en blanc pour l’amnistie en Centrafrique? La tenue d’un énième dialogue dans le pays serait-il la porte de sortie à la crise centrafricaine?

La récente interview de l’ancien Président François Bozize au journal Jeune Afrique dans laquelle il réclame la tenue d’un Dialogue Politique Incisif tout en affirmant qu’il demeure un acteur majeur dans la résolution de la crise qui continue de mettre à mal la quiétude des Centrafricains.

Le centrafricain avisé va certainement chercher à répondre à ces interrogations posées ci-haut afin de voir en quoi ce DPI mènera le pays car, des rencontres inter centrafricaines du genre ont eu lieu à plusieurs reprises dans ce pays, et avec de nombreuses recommandations qui, en sont assorties.

Aujourd’hui, le comité de suivi du dialogue de Bangui, par la voix de son Président Joseph Bindoumi, a affirmé que le gouvernement actuel est en train de mettre en exécution lesdites recommandations.

La RCA est-elle devenue un pays d’éternel dialogue ?

Certes, les discussions franches entre les filles et fils d’un pays ont toujours été considérées comme la voie pouvant conduire à la recherche de solution commune aux problèmes de leur cité.

Mais au-delà de cet aspect, le peuple centrafricain ne baissera jamais la garde, car si certains voient à la tenue du DPI constitue une voie pour se soustraire de la justice voire de bénéficier d’une prétendue amnistie.

Le dialogue et la réconciliation OUI mais, la justice doit faire son travail.
Que tous ceux qui ont de sang sur les mains et que tous ceux qui ont contribué de près ou de loin au calvaire du peuple centrafricains devront répondre de leurs actes le moment venu devant les juridictions compétentes de notre pays.

Le Président Touadera ne doit céder à aucune pression d’où qu’elle Vienne et se doit de défendre le slogan “IMPUNITÉ ZERO” qu’il a toujours prôné.

Francklin Christian Notoua

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