Centrafrique : Guerre sans fin pour le contrôle des mines d’or et le trafic des bœufs entre l’UPC et le FPRC

(ANALLYSE) : La politique politicienne ne répondra jamais aux besoins et aux réalités de la population rurale du pays qui compose aujourd’hui encore la plus large part de la population centrafricaine et qui est aujourd’hui exposée aux bandes armées.

La Minusca est partie pour rester longtemps en République Centrafricaine. Il faut être naïf pour penser le contraire au vu de la situation sécuritaire qui prévaut dans le pays et au vu du blanc-seing reçu de la part d’autorités nationales qui peinent à assurer la sécurité dans leur propre capitale, dont l’armée est sous embargo et sous tutelle de puissances étrangères.

Dans les préfectures de l’Est, la population est abandonnée à elle-même, otage du FPRC, l’UPC sans que la Minusca qui pourtant a observé les scènes macabres à Ippy, Agoudoumanga, Ndjobissi, Ndassima n’arrive à sécuriser quoi que ce soit dans ces zones où l’on ne peut plus aller aux champs.

Cette région ne manque pas de ressources entre UPC et FPRC minières et agricoles mais cette manne est abandonnée aux étrangers qui cherchent par tous les moyens à s’accaparer terres et gisements. Le calcul est simple : par les trafics, la vente des bœufs, les taxes sur les commerçants et transporteurs, les groupes armés gagnent plus que le DDR ne pourra jamais leur apporter donc pourquoi désarmer ? Le rapport accablant du Conseil de sécurité́ des Nations unies du 5 Décembre 2016 pointait des « groupes armés ayant mis en place une autorité́ de fait et une administration parallèle ».

Le chef de guerre Ali Darass, de l’UPC, dont la Minusca indiquait avoir obtenu le départ de la ville de Bambari où il s’était installé́ après la démission de Michel Djotodia en janvier 2014, continue de sévir dans la sous-région. Certains éléments de la Minusca (dont son beau-frère, le colonel mauritanien Oumar Bah, mari de l’une de ses sœurs) sont complices mais comment pouvait-il en être autrement lorsque l’on sait que le contingent Mauritanien de la Minusca est composé pour partie de peuls Mauritaniens qui parlent la même langue que les éléments de l’UPC ?

Ali Darass a certes été écarté de Bambari mais il compte près de très nombreux éléments qui lui sont fidèles dans cette ville et qui ont gardé leurs armes au quartier Bornou, en complicité avec des éléments de la Minusca qui s’adonnent au trafic d’or contre armes et munitions. Darass continue de contrôler la vente des bœufs via ses colonels qui sont en nombre au quartier Bornou. Il a un troupeau là-bas et prélève toujours des impôts sur les transactions courantes des commerçants locaux Tchadiens qu’il rançonne ainsi toujours sous prétextes que ceux-ci sont les bras financiers du FPRC. Darass, non content de monopoliser l’or de Ndassima, les taxes d’abattage de bœufs (5.000 F/ tête de bétail), de transfert de bœufs sur Bangui (20.000 F la tête de bœuf), des dédouanements de camions en provenance du Soudan et Bangui (3.000.000 F), du contrôle de diamant de Dimbi.

Dernièrement, 1400 bœufs de ces commerçants d’origine tchadienne ont été braqués par les éléments de Darass qui les ont ensuite conduits vers Nzako et le grand Nord. Darass contrôle aussi la zone minière de Berengo. Darass réside en ce moment à Atcha dans une zone située à 35 km de Bokolobo, dans une zone aurifère. Il n’est plus entouré que d’un petit groupe d’éléments et se cache car recherché par le FPRC. Il se cache en faisant des allers-retours. Il n’est plus en véhicule et change de cache tous les deux jours. Pour accéder à Atcha, il faut arriver à Poudjio à 5 km de Bokolobo et rentrer 30 km en brousse où se trouve le chantier aurifère. Ils ont mis en place un système pour enlever tous les bœufs appartenant aux sujets commerçants Tchadiens. Tous les bergers Peuls ont démissionné des troupeaux tchadiens ce qui fait que ces bœufs sont en errance (élevés depuis des années, ils ne répondent qu’à l’appel du berger).

Les commerçants Tchadiens font venir en ce moment des bouviers et bergers du Tchad pour reprendre la main mais c’est difficile car plus de énormément de bœufs ont déjà été volés par Darass et ses éléments. Dans le même temps, beaucoup d’éléments Tchadiens qui sont dans l’UPC ont fait défection pour regagner le FPRC et promettent d’attaquer l’UPC avant le ramadan. Dans les autres régions de Ouaka, la population civile entre Grimari-Kouango et Digui-Kouango est affectée par les exactions, les destructions et aussi le pillage du café des paysans qui ont déserté les villages Galabourouma, Laoundja et autres.

Actuellement, l’Est de la RCA est une zone de non-droit où il n’existe aucune chaîne pénale. Il n’y a ni prison, ni gendarmes, ni officiers de police judiciaire dans cette partie de RCA où règne les bandits de grands chemin et les chefs de guerre.

Ali Bi Moyen

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