Centrafrique : La complaisance ou la complicité du contingent mauritanien de la Minusca avec l’UPC d’Ali Darass dans le dos des populations de la Ouaka et la Basse-Kotto

Ali Darass

Ali Darass

(ANALYSE)La complaisance ou la complicité du contingent mauritanien de la Minusca avec l’UPC d’Ali Darass dans le dos des populations de la Ouaka et la Basse-Kotto ?

Près de 750 casques bleus mauritaniens sont répartis sur le territoire de la Ouaka et de la Basse-Kotto dans le centre de la RCA. Installé depuis fin février 2016, ce puissant contingent mauritanien est déployé pour maintenir la paix. Dans le cadre de son mandat, ce contingent est ainsi autorisé à prendre toutes les mesures requises pour désarmer les combattants, protéger les populations civiles, faire du maintien de l’ordre ou encore protéger les réfugiés.

Pour cela, le contingent Mauritanien de la Minusca dispose de véhicules blindés, des véhicules de transport de troupes, des équipements et des troupes formées de mener à bien cette mission dans région de Bambari. C’est pourtant en spectateur que la force des nations unies a observé certaines scènes macabres à Ippy ou encore Ndassima et l’on constaté que ce contingent n’a pas du tout à sécuriser les populations civiles de ces localités qui rançonnés ne peuvent plus du tout vaquer à leurs activités.

A partir des récits de survivant et de témoins, Human Right Watch a mis en lumière en Février 2017 des assassinats de civils dans la ville de Bakala, en décembre 2016. Alors que l’impuissance ou plutôt l’inaction est dénoncée, les voix qui le peuvent encore dénoncent la proximité du continent avec l’UPC. Un colonel de ce contingent mauritanien Oumar Bah est d’ailleurs marié avec l’une des sœurs d’Ali Darass tandis qu’une large partie du contingent Mauritanien de la Minusca est composé pour partie d’éléments qui parlent la même langue que les éléments de l’UPC.

A la fin de l’année 2016, en plus d’apporter un soutien logistique aux éléments d’Ali Darass (transport, fourniture en armes et munitions), le contingent de la Minusca a aussi pris part activement aux combats. Par ailleurs, il faut aujourd’hui dénoncer le climat occupation des troupes de l’UPC qui rançonnent et traumatisent tranquillement les populations civiles sans que la Minusca ne dise mot… Silence, on pille et on tue…

Le rapport accablant du Conseil de sécurité des Nations unies du 5 Décembre 2016 pointait des « groupes armés ayant mis en place une autorité de fait et une administration parallèle ». Un commerçant dont nous tairons le nom pour des raisons de sécurité est harcelé depuis des mois par Ali Darass qui lui prélève de force 10 millions de FCFA à titre d’impôts pour l’année civile en cours.

Des éléments de l'UPC

Des éléments Mauritaniens de la Minusca

Il faut savoir que tout éleveur et commerçant de Ouaka et de Basse-Kotto dans la zone d’influence de l’UPC est littéralement racketté par ce mercenaire et ses éléments. Ali Darass envoie des hommes faire des recouvrements au tire de taxes qui lui seraient due pour l’année civile 2017, un peu comme si il représentait des agents du Trésor Public dans ces localités. Excédé par les menaces et exactions à son encontre, ce commerçant a écrit au contingent mauritanien de la Minusca à Bambari pour exposer les faits et leur demander une protection.

Cependant, le soir même, ce n’est pas la protection de la Minusca qu’il a reçu mais la visite d’Ali Darass qui lui tend son écrit à la Minusca en lui signifiant que « la prochaine fois, au lieu de verser une somme, il versera son sang » s’il se hasarde à aller le dénoncer de nouveau à la Minusca. Les commerçants et éleveurs de la zone sont à bout de souffle, au bord de l’asphirie car prisonniers de cette économie de guerre. Il est aujourd’hui grand temps de relever le contingent mauritanien de la Minusca dont la complicité avec ces agissements est avérée.

Les autorités de la République Centrafricaine doivent dénoncer publiquement ces faits qui lui remontent car c’est la population civile centrafricaine de ces zones qui souffre à petit feu. A Alindao, tous les commerçants musulmans menacés ont fermé boutique pour protester contre les impôts exorbitants que « le roi de la Ouaka et de la Basse-Kotto » leur a imposé. Son empire commence au croisement Digui et couvre Alindao, Mobaye et Kouango.

Ces impôts varient de 2 millions de FCFA à plus selon la taille du magasin ou du troupeau. Au croisement de Digui, le « colonel » Seleka de l’UPC a récemment pris de force 18 bœufs à un commerçant du croisement Digui et a exigé de sa part le versement quotidien de 10 000 FCFA d’impôts. En plus de cela, quand ses éléments s’arrêtent manger le méchoui local, il demande à ce commerçant de payer l’addition. Bientôt, il sera asphyxié et fermera boutique, comme bien d’autres.

Eléments UPC dans un chantier minier

Eléments UPC dans un chantier minier

Boeuf des éleveurs peuls @thierrySimbi

Boeuf des éleveurs peuls @thierrySimbi

Au lieu de dénoncer ces crimes, on appelle au DDR comme pour rassurer la population civile que la situation est sous contrôle. Mais dialoguer pour obtenir le désarmement est une illusion. Car grâce à la vente des bœufs, les taxes sur les commerçants et transporteurs ou autres trafics d’or et de diamants, les groupes armés gagnent plus que le DDR ne pourra jamais leur apporter : pourquoi donc désarmeraient-ils ?

Il y a d’ailleurs profusion d’armes en ce moment dans la Ouaka et la Basse-Kotto. Ali Darass importe en ce moment ses armes depuis l’ex-Zaïre à défaut de ne pouvoir s’approvisionner depuis le Soudan (barré par le FPRC du côté de Bria). Quand est-ce que les autorités centrafricaines prendront leurs responsabilités pour arrêter la politique de l’autruche et dénoncer ce qui se passe à l’Est ?

Thierry Simbi

Related Posts»

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *