Centrafrique: Coup d’œil sur l’exportation de diamants après la levée partielle de la suspension

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Par Eric NGABA

Bangui 04/10/17 (www.ndjonisango.net): La République Centrafricaine a commencé légalement l’exportation de son diamant sur le marché international suite à la levée partielle de sanction imposée en 2015 par la décision administrative du Processus de Kimberley. Cette reprise fait suite à une décision du Processus de Kimberley (PK) en juin 2016 autorisant le pays ayant rempli certaines conditions, à exploiter son diamant dans les cinq villes minières déclarées zones conformes. A la date d’aujourd’hui, le pays a exporté en total 36263, 6 carats de diamants bruts à l’espace d’un an contre 300.000 carats environ avant la crise, selon Jean Baptiste Pissinga, Principal du Bureau d’Evaluation et de Control de Diamant et Or (BECDOR).

L’exportation de diamant de la République Centrafricaine a été depuis le 23 Mars 2013, suspendu dès la prise du pouvoir par la coalition rebelle de la Séléka. Cette situation a entraîné ainsi le Processus du Kimberley à suspendre l’exportation du diamant brut Centrafricain vers le marché international.

Sur la base du rapport préliminaire de la mission de revue du PK et des progrès réels accomplis par les autorités centrafricaines lors de la réunion intersessionnelle tenue à Luanda du 22 au 26 Juin 2015, il a été décidé la levée complète de la suspension temporaire, assortie des conditions de mise en œuvre progressive, consignées dans l’annexe intitulé: « Cadre Opérationnel pour la reprise des exportation des diamants bruts de la RCA ».

Aujourd’hui, cinq villes minières sont autorisées par le PK d’exploiter le diamant et or. Il s’agit des villes de Berberati, Boda, Carnot, Gadzi et Nola qui sont déclarés conformes à l’exploitation.

« La ferme volonté du Ministère en charge des Mines de se conformer régulièrement à toutes les exigences, les recommandations de transparence et de bonne gouvernance des ressources naturelles du pays, ont abouti à la validation de cinq (5) Sous-Préfectures du Sud-ouest comme zone conforme. La pérennisation de ces efforts permettra de maintenir les 5 zones conformes, d’une part et de valider toutes les zones du Sud-ouest, d’autre part », a fait savoir Sylvain Marius N’Gbatouka, Chargé de mission au ministère des mines qui estime que « la campagne de sensibilisation à tous les opérateurs du secteur diamants au respect des règles du Processus de Kimberley serait salutaire pour la suite ».

Les données de l’exportation du stockage

Selon les données du BECDOR, huit Bureaux d’achat sur quinze dans le pays notamment les bureaux d’achat BBB, Doumta, Track Mining, Ordica, Sodiam, Sahar Diam, Socadiam et Sud Azur, ont repris leurs activités dans ces zones conformes. Confrontés aux principes du Processus de Kimberley, peu de ces Bureaux exportent difficilement leurs stocks de diamants bruts.

Dix-sept (17) exportations représentant 36263, 6 carats sont jusque-là enregistrées par le BECDOR, selon Jean Baptiste Pissinga. 9375, 45 carats sont en attente d’exportation, à en croire ce responsable du BECDOR qui ajoute par ailleurs que 86000 carats de diamants provenant des zones sous sanctions de PK sont encore en stockage depuis la période de suspension du pays du Processus.

Les efforts conduisant à la reprise de l’exportation

Durant la période de l’interdiction, le pays n’exporte pas les diamants. Par contre, cette interdiction a entraîné le commerce illégal de diamants dans les pays frontaliers de la Centrafrique. Les groupes armés qui occupent notamment l’Est et nord du pays exploitent frauduleusement les diamants qu’ils les vendent dans les pays limitrophes de la Centrafrique.

Pour des mesures, le gouvernement a renforcé non seulement le code minier, mais aussi  les capacités des acteurs impliqués dans ce secteur à travers les programmes de formation et de sensibilisation

Pour sortir le pays de l’impasse de la sanction internationale, les autorités centrafricaines s’appuient sur le projet américain DPDDA (Droits de Propriété et Développement du Diamant Artisanal) soutenu par USAID en vue de rétablir la chaîne légale de diamants sans conflit sur toute l’étendue du territoire et en conformité avec le Cadre Opérationnel du Processus de Kimberley.

L’exportation de diamants contribue énormément au  relèvement économique de la République Centrafricaine. D’après un rapport conjoint du ministère centrafricain des finances avec une mission du Fonds monétaire international, le secteur du diamant propulse la croissance économique dans le pays.

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